La folie du changement de corps de Harari gaspille Léa Seydoux et 137 minutes dans à peu près égales proportions. ★★☆☆☆
L’Inconnue d’Arthur Harari arrive en compétition à Cannes avec une certaine logique dynastique : sa femme, Justine Triet, y a remporté la Palme d’Or il y a deux ans avec Anatomie d’une chute, un film dont la réputation ne s’est pas améliorée avec le recul. On aurait pu espérer que la deuxième place de la compétition du foyer offrirait un correctif. Ce n’est pas le cas. Le postulat a un potentiel réel, ce qui rend son gaspillage d’autant plus décourageant. David Zimmerman, un photographe d’événements reclus d’une quarantaine d’années, assiste à une fête, suit une femme, couche avec elle, et se réveille dans son corps : le corps de Léa Seydoux, pour être précis, puisque Harari a choisi l’un des visages les plus reconnaissables du cinéma français pour incarner le réceptacle.
La scène du lendemain matin établit rapidement le postulat : David-en-Seydoux examine longuement son corps dans un miroir, nu. Seydoux, qui semble avoir renoncé aux scènes de nudité il y a quelques années, apparaît nue dans ses deux films en compétition cette année. Cette information est principalement fournie car j’ai reçu une question dans ma critique de Valeur sentimentale l’année dernière, demandant si Elle Fanning avait des scènes de nudité. Les films de changement de corps dépendent largement de la manière dont le cinéaste gère le concept. Harari ne fait pratiquement rien. Les implications de genre d’un homme habitant le corps d’une femme, la désorientation, la texture sociale, la relation altérée à l’espace, au danger et au désir, sont évoquées puis mises de côté. L’effet le plus comique est les plaintes des critiques, qui se précipitent désespérément pour trouver un angle trans.
Ce qui semble intéresser davantage Harari, c’est une atmosphère vaguement paranoïaque empruntée à ce que Mark Kermode appelle affectueusement l’horreur élevée : le malaise diffus, le sentiment d’un monde légèrement détraqué, le film se déroulant comme si sa délibération formelle était elle-même un argument. Ce n’est pas le cas. It Follows, le crossover arthouse-horreur, qui fait du lèche-cul auprès des personnes qui ne s’intéressent pas sérieusement au cinéma d’art et d’essai, est devenu un fléau majeur dans les compétitions de festivals récentes. Un autre exemple flagrant de film de genre de compétition, se déguisant vaguement en autre chose, était Hope.
L’Inconnue est bien trop connue
La mythologie se complique sans s’approfondir. L’échange n’est pas binaire ; David finit par retrouver son propre corps pour le trouver habité par Malia (Lilith Grasmug), une jeune fille solitaire dont la sœur se marie et dont le père citant Marcus Aurelius est joué par le réalisateur roumain Radu Jude pour une raison quelconque. Le point principal du personnage de Malia semble être de servir de contrepoint à ce que David traverse. Le scénario a l’allure d’une première ou deuxième ébauche : l’architecture est là, les idées sont esquissées, mais le travail de suivi des implications jusqu’à quelque chose d’intrigant n’a pas été fait. Encore une fois, on doit se demander ce qu’il est advenu des scénaristes.
The cinematography is functional and anonymous, though Harari reaches for what is by now the most reflexively cited film in arthouse cinema more than once, visually and with apparent intent, even if the director has only alluded to it indirectly in interviews. Two years ago, the aforementioned reference was used in a way which these pages described as “a cinematic reference that might be one of the least earned that I’ve ever witnessed.” Last year’s competition had its own iteration, referring to the film, and now Harari resurrected the practise. It has become a Cannes habit: the citation as a shortcut to depth, but it’s not as becoming as those directors seem to imagine.
There are other effects, among them Seydoux making out with herself, including a kiss, that suggest Harari is not entirely unaware that the material could be played for something other than solemn ambiguity. Still, these moments remain isolated rather than symptomatic of a coherent visual strategy. The film runs 139 minutes, roughly 90 more than the material warrants, and feels considerably longer than that. The title L’Inconnue might as well refer to the seemingly unknown ability to produce French films of any quality whatsoever. The source material for the film was a graphic novel, written by….the director himself, aided by his brother Lucas.
What rescues The Unknown from being entirely without merit is Seydoux herself, who brings more interiority to David-inhabiting-her-body than the scenario has any right to expect, much as she did in Gentle Monster earlier in the same competition. She is, at this point, doing more to redeem underwritten French arthouse than any single performer should reasonably be asked to do. The film’s fractured relationship with subtlety is further illuminated by its end credits, which feature another Zimmerman, through the song, “It’s All Over Now Baby Blue.” At least by that point, the spectator can take the title literally, sigh in relief, and head for the exit.
